En automne....

Après les foins, certain fermiers s'octroyaient une journée de détente en allant à la mer à Sainte Marie de Mont. On en profitait pour ramasser des coques …

C'était tout un événement, en principe, c'était la seule grande sortie de l'année pour les femmes, car les hommes allaient au marché le jeudi à Sainte Mère église et à Carentan le lundi.

Donc, pour l’évènement  il fallait préparer le panier du repas du midi, les bouteilles de cidre, et la collation d'avant la traite. On pouvait demander à un voisin de nous remplacer pour traire   mais c'était plutôt rare.

Pour la sortie, ils partaient en bande avec tous ceux qui avaient participé à la fenaison tous tassés, dans les carrioles ou en camion avec Édouard Bernard, car  lui, il collectait le lait dans les fermes pour le porter à la laiterie de Chef Du Pont.

En automne, c'était aussi le ramassage des pommes.pomme r$C3$A9col5

Ce travail était effectué  par  les femmes et les enfants. Les pommes étaient ramassées à la main dans l'herbe mouillée, parfois l’herbe était  gelée, ce qui  rendait  la tâche  désagréable!!! et  à  genoux !

La quantité de pommes était mesurée en (bartées) ou boisseaux

Elles étaient mises en tas dans le clos, puis reprises peu avant de les Presser (piler)

LA PILAISON

Les pommes étaient  été mises en tas dans la cour de la ferme avant de les piler « presser ».

En général,  tous les fermiers possédaient leur pressoir.tas-pomme

 

Cependant quelques maisons n'en avaient pas, et presque tout le monde buvait du ( bére) cidre. 

Donc, un  (pilous) l'homme qui conduisait le pressoir (le prinçeus ou prinçous) venait a domicile faire le cidre.

Sur la commune de Houesville Le pilous, c'était Mr MAURICE PEPIN qui assurait ce travail il allait de maison en petites fermes jusqu'à la fin de la saison.

Son pressoir qui été mobile était  tiré par  un cheval.fortin 40 - Copie

Il installait le broyeur (le moulin) entraîné par un moteur Bernard, puis le pressoir. Le tout le plus près possible du cellier ou étaient rangés les tonneauxfortin 40

IL commençait par broyer les pommes pour faire un sorte de purée grossière le (mouds) que l'on mettait dans une cuve en bois pour que cela s'oxyde un peu, le cidre en était plus coloré.

Pour piler, il fallait au moins deux hommes, un qui reprenait le (mouds) dans la cuve et l'autre qui le couchait sur la maie (l'emai) avec un cadre en bois pour former un carré. Puis il déposait une couche de (glui ou guiu) roseau que l'on récoltait dans les fossés des marais, puis une deuxième dans l'autre sens, pour que cela se tienne bien.Et l'on déposait  une couche de mouds et une autre couche de gui, ainsi de suite sur une hauteur de dix à douze rangs, suivant la hauteur disponible.

Ensuite, il fallait recouvrir avec des planches, puis deux couches de madriers croisés, et l'on faisait descendre la grosse pièce de bois (le mouton) fixée sur la visse.

En insérant deux clavettes métalliques dans la couronne, et à l'aide d'une grande barre de fer, on serrait la visse.

Le jus sortait en  suivant les brins de roseau, comme une pluie dorée qui s'écoulait dans une cuve ou il était filtré grossièrement.

Le cidre était pompé directement dans les tonneaux.tonneau

Les enfants, aimaient boire le jus de pomme fraîchement pressé. Mais quelque fois il y avait des effets secondaires !!!!!!!!

Pour faire un marc (une pressée) il fallait environ 3 à 4 h Quand tout le jus était sorti, on démontait le marc avec un grand couteau denté équipé de deux poignées ;

Le marc de pomme était parfois donné animaux mais avec modération.

Plus tard les presses hydrauliques ont détrôné les pressoirs car beaucoup plus rapides. Malheureusement, le cidre a perdu une certaine qualité

wxcwxcwxc 02 Document de  Michel Fortin.