Avant tout un peu d'histoire

LE CHOIX DES LEOPARDS

 

Les léopards entrent dans notre histoire et dans notre sensibilité.

Doivent-ils être deux ou trois ?

De nombreux ouvrages traitent du nombre de léopards ainsi que de leur origine.

Deux documents auront notre préférence pour trancher de la question.

 

A.THESE DE L'ABBE LELEGARD

 

                Richard CŒUR DE LION portait un écu de gueules à trois léopards d'or. Cela est indiscutablement prouvé par un sceau, où il figure sur une face " en majesté ", c'est à dire assis sur un trône, comme Roi d'Angleterre, et sur l'autre où il chevauche, casqué et armé d'une épée, comme Duc de Normandie. Il porte alors au bras gauche un écu orné de ses armes personnelles. Ce document date de la fin du XIIe siècle, de 1198, très exactement.

Ces léopards au nombre de trois succèdent à un autre écu, également porté antérieurement par le même souverain et qui représentait " deux lions affrontés."


Angleterre_1189

 

 

Mais la forme définitive des armes du Duc-Roi ( et partant de la Normandie comme de l'Angleterre ) comprend bien trois léopards.

Son frère et successeur Jean SANS TERRE reprendra d'ailleurs pour son compte cet écu à trois léopards. Il le gardera même quand la Normandie aura été confisquée par le Roi de France Philippe Auguste en 1204, après la prise de Château Gaillard.

Un demi-siècle plus tard, le blason du Roi d'Angleterre, qui continue à se proclamer Duc de Normandie, reste inchangé. Et, en 1279, Edouard Ier accorde aux Iles Jersey et de Guernesey, un sceau à trois léopards qui reste de nos jours encore l'emblème de ces deux possessions de l'ancienne Normandie, constituées en bailliage en 1304, un siècle après l'annexion par la France du reste de la Normandie.

Sur le continent, l'usage veut que les terroirs " réduits " soient donnés en apanage à des princes royaux, qui portent alors des armes où figurent les fleurs de lys d'or sur fond d'azur, armes de France, que vient alors modifier une " brisure ", en général de gueules.

Ce sera le cas pour l'Anjou, le Berry, la Bourgogne, ainsi que pour un certain nombre de villes – dont certaines se situent en Normandie, comme Alençon, Evreux ou Mortain.

La Normandie resta d'abord sans Duc et fut directement contrôlée par le Roi de France pendant plus d'un siècle. Le titre ne fut rétabli qu'en 1333, en faveur de Jean, fils aîné de Philippe VI de France. Le jeune homme – que l'on surnommera par la suite, bien à tort, " Le Bon ", par opposition sans doute à Charles " Le Mauvais " - portait comme armes celles de France, d'azur à fleurs de lys d'or et que surchargeait une brisure. Les sceaux sont sans équivoque à ce sujet.

En 1350, son fils aîné, le prince Charles, lui succède comme Duc de Normandie, puisque Jean Le Bon devient Roi de France. Charles porte tout simplement le sceau du dauphin: écartelé de France et de Dauphiné. Quand il deviendra à son tour Roi de France, personne, ne lui succédera dans le titre, purement honorifique, de Duc de Normandie. L'Echiquier de ce qui n'est plus qu'une province ne porte pas d'armes particulières et se contente de celles de France.

 

Henri V, pour concrétiser ses prétentions en pleine guerre de Cent Ans, portera un écu " écartelé " de France à trois lys et d'Angleterre à trois léopards. Après avoir épousé Catherine, la fille de Charles VI, il est officiellement reconnu comme héritier des deux royaumes. Pendant ce temps, l'Echiquier de Normandie modifie ses armes. Le nouvel emblème est une sorte de synthèse qui comprend deux léopards surmontés d'une fleur de lys.

Comme l'écrit l'abbé Marcel LELEGARD, particulièrement averti de cette question héraldique: " L'on s'est contenté d'enlever l'un des léopards pour le remplacer par un autre meuble": une fleur de lys. Par là même, l'on voulait manifester l'individualité de la Normandie, mais intégrée dans le royaume de France uni à celui d'Angleterre en la personne d'un même souverain .»

Au milieu du XVe siècle, le Conseil royal à Rouen utilise un sceau avec les deux léopards sur un semis de fleurs de lys. On ne sait si le champ était alors de gueules ou d'azur.

Après la fin de la guerre de Cent Ans et la nouvelle intégration de la Normandie dans le royaume de France, le sceau de l'Echiquier voit disparaître les léopards pour ne plus conserver que les fleurs de lys, consacrant ainsi l'annexion.

Quand en septembre 1465, Louis XI nomme son frère Charles Duc de Normandie, celui-ci prend non pas un écu à fleurs de lys, dérivé des armes de France mais il revient aux léopards… des Plantagenêts. Seulement, il choisira de réduire leur nombre de trois à deux. C'était sans doute une manière de se distinguer des souverains d'Angleterre qui continuaient de porter écartelés les trois lys et les trois léopards.


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Nota : Cet extrait provient d'un ouvrage de M. MABIRE, "Histoire Secrète de la Normandie "

 

A.OUVRAGE DE MONSIEUR PASTOUREAUX

 

Extrait d'un de ces ouvrages Monsieur Pastoureaux ( archiviste, paléographe ) titrée "Figure de l'héraldique "

            Les armes d'Angleterre sont nées pendant le règne de Richard Coeur de lion (1189-1199).

En 1195, à son retour de captivité il transforma .

l'écu aux" deux lions rampants (verticaux) et affrontés "

Qu'il portait jusque-là -et qu'avait peut-être portés son père Henri II  Plantegenêt - en un écu à trois lions "passants" horizontaux que gardèrent tous ces successeurs et qui plus tard prirent sur le continent le nom de léopards.

Le léopard héraldique n'est qu'une variante du lion.

 

 

 

 

 

 

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